Wilrijk, Groenstraat. 00:00. L'enquête débute!
Jours : 70
Allez, puisque je suis en vacances et que j'ai de toute manière rien d'autre à faire, j'vous poste un p'tit article pour vous préciser que, oui, j'ai survécu!
Ben quoi? Pfff, je m'attendais à une joie exaltée générale...
Bon, je vais arrêter de me faire des monologues je dois vraiment passer pour un turlututu tsoin tsoin...
Alors, oui, comme je le disais, je, ainsi que les autres membres de ma famille d'accueil, sommes encore vivant (pour le moment). En effet, suite à nos péripéties culinaires s'étant transformées en un concours de "celui-qui-trouvera-le-machin-le-plus-périmé!", Dirk est intervenu.

Juan étant allé se plaindre auprès de l'école, celle-ci a derechef téléphoné à Dirk pour lui faire passer un interrogatoire complet sur cette malnutrition dont nous étions victimes.
Notre cher Dirk, étant de nature très très sensible (surtout qu'il marche de l'autre côté de la route, comme je vous l'avais dit...), nous a donc soumis à notre tour à un questionnaire digne des films policiers des années trente. Conscient qu'on ne comprendrait rien en néerlandais, et qu'il aurait bien trop de mal à parler en français, c'est donc en javanais qu'il a entamé la conversation. Ensuite, conscient que c'était pire que tout, il a reprit en anglais :
"Sit down! Tell me everything! I know that you know something that I should know!"*
*NdA : Assis! Dites moi tout, petits canaillous! Je sais que vous savez quelque chose que je devrais savoir!
Et là, nous n'avons pu tenir. La pression était trop forte, cette lampe aveuglante dirigée droit dans nos yeux (c'est encore une carabistouille ça, c'est juste pour faire genre). Nous avons tout dit.
En réalité nous avions reçu un questionnaire à l'école, nous demandant d'évaluer notre famille d'acceuil. Nous avions donc évidemment noté parfait à tout, et médiocre à "Nourriture", expliquant en remarque nos découvertes douteuses.
Quand je dis nous, je parle de Guillaume, Sébastien et moi. Juan, lui, le premier à s'être plaint que cette nourriture lui attaquait grandement l'estomac, a noté que cette dernière était parfaite. Cependant, sa remarque portait sur le fait que nous étions quatre francophones dans la même famille et que cela nuisait à l'immersion linguistique de Monsieur-Sa-Majesté-Du-Brabant. C'est vrai qu'il faisait beaucoup d'efforts pour parler néerlandais, enfermé dans sa chambre pendant des heures en refusant chaque activité qu'on lui proposait...C'était un peu notre faute, je suppose.
Enfin, toujours est-il que du coup, Juan est parti, ce qui a grandement soulagé Dirk (et nous aussi, par la même occasion). Dirk nous a assuré que les choses périmées que nous avions trouvées ne nous étaient pas destinées (sur le coup, on a été rassuré, mais finalement j'ai quand même de sérieux doutes...Enfin, on n'est pas encore tombé malade, donc bon...).
Bref, maintenant tout va bien, tout s'arrange, et c'est Henri, un bruxellois, qui est venu remplacé Juan. Il a l'air bien plus sympathique et bien moins Prout-ma-chère que le précédent!
Bon allez sur ce, je vous quitte, une partie de golf m'attend sur les canaries, Nestor Junior vient d'affrêter mon hélicoptère et je dois partir immédiatement car j'ai un dîner à Cuba juste après la partie, il serait dommage que je ne sois point là à temps, le caviar pourrait refroidir!
Allez, Prout mes chers!

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