Comment survivre malgré la poisse (Part. 3)
Un supporter atteint de démence a, semble-t-il, attaqué l'arbitre dans les vestiaires, et a justifié son acte comme étant une "punition pour l'erreur d'arbitrage monumentale commise par ce cul-terreux" dixit ledit supporter.
La seconde partie du match a donc été remise à une date ultérieure qui, figurez-vous, correspond précisemment avec la date d'aujourd'hui.
Au cas où vous auriez loupé les derniers instants de la partie, la chance avait recollé au score en marquant un troisième goal in extremis avant que l'arbitre ne siffle la mi-temps. C'est donc sur ce score parfaitement égal que mes amis et moi entamons notre ascension dans la sombre demeure de la british-woman susmentionée.
Dans l'escalier, qui ne doit pas compter plus d'une douzaine de marches, le chemin est sinueux. Au départ, ce sont quelques vêtements soigneusement pliés qui obstruent les premières marches. Ensuite, quelques petits jouets qui signalent probablement la présence d'un enfant (sage ou mauvais, selon qui marque le prochain but), viennent rendre notre démarche très soignée. Enfin, ce sont des culottes de grand-mère, propres ou sales, qui entachent les dernières marches et, sur la toute dernière, un aspirateur qui lui, tel un titanesque obstacle, l'ultime monstre féroce à vaincre avant d'arriver au Paradis des animaux, bloque totalement le chemin.
Notre darling sorcière, dont le but injustifié a valu à notre arbitre d'aller méditer quelques temps sur l'utilité des dents dans la vie quotidienne, ne semble en aucun cas embarrassée, gênée, encore moins choquée (et tout autre synonyme adjectivant ces situations où nous sommes censé rougir) de ce, "je m'excuse hein Monsieur", bordel ambiant.
De son pas léger et lent, la bourrique nous montre notre chambre, dont la porte se situe en face de l'escalier, légèrement décalée sur la gauche tout de même. Bien pensé de la part de l'architecte puisque, vu l'étroitesse du couloir, sortir de la chambre précipitament aurait été synonyme de multiples fractures du coxys à la suite d'une dégringolade involontaire caractérisée par le facteur vitesse de la sortie de la victime concernée.
Bref, les plus synapsés d'entre l'auront aisément saisi...
Chance 4 - 3 Poisse
Mais attention, la Dame Blanche nous montre en effet notre chambre.
Je précise que jusqu'ici, aucun d'entre nous n'a osé regardé l'un de ses condisciples, de peur d'y voir sur le visage un sourire, ou qui sait, des larmes.
Bref, décrivons maintenant la chambre. La porte ne s'ouvre pas entièrement car une étagère à fausse culture (comprenez par là "remplie de livres n'ayant jamais été ouverts") l'en empêche. A droite de la porte, deux lits superposés semblent tout faire pour rester effectivements superposés. En face de la porte, juste à coté de la fausse culture, deux autres lits superposés tentent eux aussi de survivre. A droite de ces lits-là, une fenêtre donne sur le jardin, la cour, enfin derrière quoi. Et à droite de cette fenêtre, une deuxième étagère à fausse culture se dresse. Enfin, sur le dernier mur, une armoire (qu'à mon souvenir nous n'avons jamais ouverte) a l'interêt de porter en son sommet une télévision et des jeux vidéos et leur console respective. Maiiiiis....
"Voilà. Vous avez des jeux si vous voulez, mais la console ne marche plus. Mais il y a une télévision...mais pas de télédistribution. Le dîner sera bientôt prêt."
J'ai traduit du mieux que j'ai pu, mais ce que je regrette avec les mots, c'est qu'ils ne retranscrivent pas le timbre de voix de cette vieille harpie décrépie.
Bref, étant le remplaçant de l'arbitre, j'accorde deux points supplémentaires.
Chance 4 - 6 Poisse.
C'est sur ce score de tennis que je vais me laver, je viendrai éditer cet article plus tard!
Me revoici après quelques temps d'inactivité dépendante de ma volonté.
J'entame donc le deuxième set avec notre équipe de vainqueurs au service.
Cela ne fait même pas cinq minutes que nous sommes entassés (voire écrasés) dans cette chambre, nous avons à peine eu quelques secondes pour échanger des regards éloquents et remplis de "pfff-les-gars-on-va-passer-un-sale-séjour", qu'un gamin, pas plus haut que trois pommes et à l'air un peu dégénéré, débarque dans la chambre en hurlant ce qui doit correspondre à de l'anglais, ou à un dialecte, ou alors simplement à des hurlements ineptes.
En tous cas, il n'est pas très rassurant. Il nous casse les pieds pendant cinq bonnes minutes, avant qu'on arrive à s'en débarasser à l'aide de quelques injures bien francophones.
Cela fait, on inspecte les lieux et on décide de sortir sur le palier.
Premiers pas en terres inconnues.
La tension monte.
La panique est à son comble.
Des voix!
Mais qu'est-ce donc? Non, Seigneur, ce ne puit être de l'anglais!
Hourra, cela n'en est point!
Des hongrois. Voilà ce que c'est. Au nombre de trois.
Ils sont dans la chambre d'à côté. Un peu plus petite que la nôtre, mais dans un état de délabrement relativement égal.
Présentations succintes. Prénom, origine, âge. Pas le temps d'entamer une conversation plus construite, une voix nous appelle.
"Dinner's ready".
Brrr, tant de froideur dans ce timbre fantômatique.
Résignés, on décide de rejoindre la femme cadavérique dans sa cuisine, où règne déjà une odeur nauséabonde qui nous prend aux tripes.
On s'installe à table, tant bien que mal. Ben oui, une petite table rectangulaire de 4 personnes pour...huit. On s'en sort malgré tout, même si on aurait volontier laissé notre place à un autre.
Le repas va commencer. On peut considérer ça comme étant la troisième mi-temps. Et quelle mi-temps!

Commentaires
elo le 18/09/2008 à 22:47:03et la suite ??